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REGIME SELON LE GROUPE SANGUIN
Quelle tristesse ! Je suis du groupe O. Devrai-je
supprimer certains fruits, les légumineuses, les céréales et produits
laitiers que j’aime tant de mon alimentation ? Des protéines, toujours
des protéines… je vais me carencer en certaines vitamines, en certains
minéraux, plus de glucides complexes pour me rassasier et moins de
fibres et voilà mon métabolisme complètement détraqué. Moins de fibres,
plus de calcium ni de vitamine D, une ration hyperprotidique, des
acides gras saturés « en veux-tu en voilà », voici mes risques de
cancers, de maladies cardio-vasculaires, d’obésité, de diabète, etc.
augmentés. Ah
mais en fait, je peux consommer des compléments nutritionnels ? Mon
alimentation se résumera à des viandes ou équivalent et des petites
pilules : c’est triste ! Et mon porte-monnaie va se vider mais pas
celui de leur fabricant. En
fait, on allie ce qui se consommait il y a des milliers d’années à des
techniques de pointe on ne peut plus modernes de l’élaboration de
compléments alimentaires…
Et
le groupe Rhésus alors ? Il n’y a pas d’interactions particulières
entre le Rhésus et les aliments ? Ah pardon, je complique les choses ?
Et oui, ABO n’est pas le seul système de groupes sanguins ; il y en a
beaucoup d’autres…
Reprenons
: au début, des chasseurs, de la viande, du groupe O ! Puis
l’agriculture et l’apparition de A mais là,…, on a arrêté de chasser ?
On a arrêté net de manger de la viande rouge ? Et les nomades, ils
consommaient ce qu’ils trouvaient sur leur chemin… Apparemment, ils ne
rencontraient pas de volailles (ah si, des dindes mais pas de poulet !)
et passaient à côté du blé et du maïs sans le voir. Pour ceux qui n’auraient pas compris, je fais de l'ironie !
Prenons,
par exemple les diabétiques du groupe O qui ne doivent pas manger de
légumineuses, d’hydrates de carbone divers selon ce régime. Ce sont des
aliments indispensables au maintien d’une glycémie la plus stable
possible, évitant hyperglycémies et hypoglycémies. Je crains que ces
diabétiques aient bien plus d’hypoglycémies et de comas
malheureusement pour certains. Un
individu prédisposé à être cardiaque, du groupe O toujours (la majorité
des individus sur la planète) qui consomme une alimentation riche en
viande et donc en acides gras saturés (les graisses qui se déposent
dans les parois des vaisseaux : Cf. intervention du Dr FERRADOU,
Cardiologue, début 2007 à English Ltd.) augmentera largement ses
risques de décès par infarctus de façon précoce.
Si
avec notre environnement d’aujourd’hui, on se remet à manger ce qui
nous convenait il y a des milliers d’années et si le groupe sanguin
évolue au fil du temps pour s’adapter à son milieu, nous allons
empêcher nos métabolismes de s’adapter à ce qui se passe maintenant et
ce que le monde deviendra à l’avenir. Laissons notre corps s’adapter,
évoluer et mangeons ce que le monde nous procure aujourd’hui : un peu
de tout !
La
piste du groupe sanguin paraît séduisante, intrigante…peut-être que des
études scientifiques à venir nous montreront des interactions entre le
groupe sanguin et les aliments dont résultent peut-être certains effets
physiologiques. Pour le moment, cela n’est pas fait et les données
vérifiées par des études cliniques que nous avons à l’heure actuelle
nous poussent à croire que de tels régimes seraient bien plus
maléfiques que nous le laisse entendre leur auteur. Le
seul intérêt que je retiens de ce régime, c’est qu’il incite à la
consommation de légumes pour tous les groupes. C’est un des rares
points qui correspondent au discours médical européen et d’ailleurs à
l’heure actuelle pour tous types d’individus (sauf pathologie
particulière) et non pour tous types de groupe sanguin.
Une
piste de recherche paraissant plus sérieuse est celle de l’étude du
génome. Peut-être que dans un futur proche nous serons amenés à donner
des conseils alimentaires précoces en fonction de la carte génétique
des individus en ciblant des gènes impliqués dans certains troubles
métaboliques. Les conseils seraient plus personnalisés en fonction de
l’environnement de l’individu et des pathologies qu’il a plus de risque
de voir se développer d’après son profil génétique. Mais ces études et
ces éventuelles pratiques qui n’en sont qu’à leurs balbutiements n’ont
pas fini de soulever des questions d’éthique.
Carine RIGAUD Diététicienne www.mangersain.fr
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